L’Assemblée des Femmes salue le retrait du schéma départemental en faveur des personnes handicapées des dispositions visant à mettre en place « un statut d’assistant sexuel » en Essonne. Cette marche arrière montre que la mobilisation des associations féministes et des élu-e-s essonnien-e-s a su faire prendre conscience des risques liés à une telle mesure.

Les déclarations du président du Conseil général, Jérome Guedj, ont fait grand bruit, jeudi dernier, lorsque celui-ci a déclaré que le Département réfléchissait à la mise en place d’une assistance sexuelle pour les personnes handicapées. Les réactions immédiates d’autres élu-e-s de la majorité, au premier rang desquels figure Maud Olivier, députée et Conseillère générale de l’Essonne, ont démontré qu’il s’agissait d’une prise de position qui ferme d’emblée le débat souhaité par tous et ne fait que renvoyer les personnes handicapées dans un ghetto sexuel.

Au-delà des arguments développés sur ce sujet par les associations qui soutiennent et accompagnent les personnes handicapées, et revendiquent à juste titre pour ces dernières le respect de leur vie privée, la création d’un « service public de l’aide sexuelle » par une collectivité territoriale reviendrait à reconnaître et banaliser des  pratiques parfaitement assimilables à de la prostitution. Cela revient par ailleurs à évacuer les vraies questions liées à l’intégration des personnes handicapées dans notre société et aux conditions de vie dans les institutions spécialisées.

A un moment où de nombreuses associations féministes se mobilisent en faveur de l’abolition de la prostitution, l’Assemblée des Femmes ne saurait trop engager les élu/es à s’attaquer à l’avenir aux propositions qui visent à la banaliser. 

Yvette Roudy et Geneviève Couraud